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La passion d'un Tiffo du 59 !!!

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Des démissions en série

La "diaspora" des dirigeants et des ingénieurs

À la fin de 1961, Ferrari se retrouve du jour au lendemain privé de ses meilleurs collaborateurs, parmi lesquels les ingénieurs Carlo Chiti et Giotto Bizzarrini et son directeur sportif, Tavoni. C'est une nouvelle épreuve pour le fondateur de la marque italienne.

1961 est une année impor­tante dans l'histoire d'Enzo Ferrari, une année joyeuse et triste à la fois, qui verra de nombreux changements marquer l'aven­ture de Maranello.
En 1961, Ferrari est vainqueur en Formule 1, grâce à Phil Hill, sacré Champion du monde au volant de la Dino 156 F1, mono­place sans égale, conçue par Carlo Chiti et caractérisée par un avant en gueule de requin. Toujours en 1961, Ferrari remporte pour la deuxième fois consécutive le championnat des sport-­prototypes, grâce à sa flamboyante 250 Testa Rossa.
Mais toutes ces satisfactions ne peuvent faire oublier la mort tragique, advenue en septembre à Monza, de Wolfgang "Taffy" von Trips et d'une quinzaine de spectateurs du Grand Prix d'Ita­lie. Un autre événement douloureux attend Enzo Ferrari en cette fin d'année, événement qui lui laissera un profond sen­timent de solitude : un groupe de huit cadres dirigeants sont licenciés pour des raisons qui ne seront jamais vraiment éclaircies.
Pour Ferrari, c'est un grande perte, car on trouve parmi eux l'ingénieur toscan Carlo Chiti, génial concepteur des monoplaces comme des sport-­prototypes de Maranello des dernières années; Giotto Bizzarrini, ingénieur livournien respon­sable de la mise au point de toutes les Ferrari de tourisme et des voitures de compétition confiées aux clients sportifs; Romolo Tavoni, modénais, directeur sportif de Ferrari depuis 1957 et premier secrétaire privé d'Enzo Fer­rari; et enfin l'ingénieur Galassi. Se joignent à eux quatre cadres des services administratifs et commerciaux de Maranello : Gardini, directeur commercial depuis le début de l'aventure Fer­rari, Della Casa, directeur administratif, Selmi, chef du personnel, et Giberti, chef du service des Achats. Plus tard, deux d'entre eux revien­dront à Maranello, tandis que les autres prendront d'autres chemins.
La raison de ce licenciement massif ne fut jamais éclaircie car chacun des protagonistes a toujours proposé sa version per­sonnelle des faits. Vraisemblablement, ces départs seraient dus à l'ingérence de l'épouse d'Enzo Ferrari dans la gestion du département Course et, plus généralement, à la mauvaise administration de Maranello. La légende raconte d'ailleurs que Laura Ferrari aurait giflé Girolamo Gardini, alors directeur com­mercial, dressant alors contre elle tous les autres dirigeants de Ferrari, qui exigèrent du Commendatore la garantie d'une indépendance totale dans leur travail. Enzo Ferrari aurait refusé de s'opposer à sa femme et donc licencié en bloc ses précieux collaborateurs.
Selon une autre version, en revanche, ce serait Girolamo Gar­dini, habile directeur commercial parfaitement au fait des mécanismes qui régissaient Ferrari (puisqu'il participa à l'aven­ture depuis la fondation du Cavallino), le fomenteur d'une rebellion de tous les cadres à la seule fin d'ex­clure Enzo Ferrari de la direction de la maison qu'il avait lui-même fondée. À l'appui de cette thèse, on trouve le profond changement des statuts de la société qui avait eu lieu chez Fer­rari un an auparavant...
À la suite des accusations portées contre lui après la mort de plusieurs de ses pilotes, Enzo Ferrari avait en effet décidé, afin d'être exposé moins directement aux conséquences des acci­dents en course, de modifier la raison sociale de la maison dont il était alors l'unique pro­priétaire et directeur, pour la transformer en une société par actions, dont il ne serait que le président. Ainsi naissait le 23 mai 1960 la SEFAC Ferrari (Società Esercizio Fabbriche Automobili e Corse).
La première conséquence de cette transfor­mation fut le doublement de la surface de l' éta­blissement par la construction d'une aile de 7000 m2. Mais certains virent aussi en ce chan­gement de raison sociale une occasion de mettre fin au règne personnel de Ferrari, puisqu'un conseil d'administration gére­rait désormais la maison.
Quoi qu'il en soit, en novembre 1961, huit des cadres diri­geants de Ferrari quittent l'entreprise. Ils en étaient le "cœur" technique et sportif. Mais Ferrari, comme toujours, ne se laisse pas abattre. Bien au contraire : plus la situation est difficile, plus il semble combatif. Il découvre de nouveaux talents pour les départements administratif et commercial, et installe aux commandes de la gestion technique de la maison un jeune homme de 25 ans, nommé Mauro Forghieri qui, pendant vingt ­cinq ans, sera l'homme des monoplaces Ferrari de Formule 1.
Enzo Ferrari aimait le jeu; ses coups de poker étaient généra­lement des coups de maître...
Le Commendatore s'apprête également, en ce début de années 60, à laisser une nouvelle empreinte dans la légende dorée de la Formule 1. En effet, il s'attelle à la rédaction de ses mémoires.

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