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La passion d'un Tiffo du 59 !!!

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Ferrari exportateur

Une renommée grandissante

Dans les années 50, le nom du constructeur de Maranello commence à se faire connaître dans le monde entier. De la Belgique à la Grande-Bretagne en passant par les États-Unis, ses voitures deviennent un symbole de vitesse et de richesse.

Pour Enzo Ferrari, les années 50 dessinent une longue et constante courbe ascendante. Pas seulement dans le domaine de la compéti­tion. Dès 1950, l'usine de Maranello emploie deux cents ouvriers et ne cesse de s'agrandir. Cela est essentiellement dû à la course car, à l'époque, la production de voitures en série n'est pas très importante : en 1949, 21 voitures sont fabriquées, contre 26 en 1951 et 33 en 1952. Rien d'excep­tionnel à première vue. Et pourtant, ces quelques voitures arborant le célèbre emblème du cheval cabré, sont destinées aux garages les plus importants, les seuls qui comptent vrai­ment. Des voitures qui, évocant à la fois la vitesse et le monde des courses en raison de leur étroite parenté avec les Ferrari, accumulent les victoires.
Dans les années 50, l'histoire de Ferrari est davantage une histoire de renommée que de chiffres. Il faut attendre 1957 pour que soit franchi le seuil fatidique des 100 voitures pro­duites en un an; elles seront exactement 113. Car le nom de Ferrari est de plus en plus connu : avec ses voitures pré­cieuses comme des bijoux, il se prépare à être l'un des noms italiens les plus renommés à l'étranger. Le mérite lui en revient, sans aucun doute. Mais Enzo Ferrari n'a pas tout fait tout seul. S'il est devenu un symbole de richesse dans le monde entier, il le doit au moins à trois hommes : Luigi Chi­netti, Jacques Swaters et le colonel Ronnie Hoare, les trois "ambassadeurs" de Ferrari auprès de la bonne société des États-Unis, de Belgique (et plus généralement du nord de l'Europe) et de Grande-Bretagne.
Introduits dans la haute société de l'époque, ces hommes allaient en effet servir d'intermédiaires entre Ferrari et un petit nombre de personnes fortunées qui pouvaient s'of­frir de telles voitures. Il est singulier de noter que la répu­tation des Ferrari est née près des casinos, des night clubs, des restaurants à la mode, des hôtels de luxe plutôt que sur les routes. Leur rapidité (rouler à 200 km/h avec une Ferrari dans les années 50 était très risqué !), leur puis­sance bien au-dessus de la moyenne étaient connues mais en quelque sorte "dissimulées" sous le capot. Alors que tout le reste était visible aux yeux de tous: un charme irrésistible, des lignes de toute beauté, un parfum de com­pétition et de risque, un volant en bois et du cuir Conolly (qui n'était pas le plus beau du marché, mais le plus solide, un cuir fait pour durer).
Chinetti avec le North American Racing Team, Swaters avec l'écurie Francorchamps, Hoare avec la société Maranello Concessionnaires sont les interlocuteurs des futurs ache­teurs. La plupart des clients viennent de familles illustres, les De Portago, les Mar­zotto, les Schell, les Castellotti, les Perdisa. Les tractations se font directement, les clients se connaissent presque tous, qu'ils soient compagnons d'aventure ou amis de longue date. Pour vendre 61 voitures en un an (comme en 1955), inutile de contacter un grand nombre de personnes; il suffit de connaître les gens qui "comp­tent". Au cours des premières années, c'est Enzo Ferrari en personne qui traite directement à Maranello avec ses clients.
Puis le nombre des ventes augmente et le rôle des intermédiaires prend de plus en plus d'importance. Difficile de faire autrement car la production de Ferrari connaît une croissance vertigineuse entre la seconde moitié des années 50 et le début des années 60 : 248 voitures pro­duites en 1959, 598 en 1963. C'est un véritable "boom". Les Ferrari sont devenues l'un des symboles de l'Italie à l'étranger, aux États-Unis en particulier. Le contact avec les clients se fait désormais de plus en plus rare. Les Ferrari sont à la mode, il faut attendre des mois avant d'être livré et par­fois les clients sont sélectionnés en fonction du "poids" de leur nom. Les premiers artisans du succès de Ferrari, de Chinetti à Swaters en passant par d'autres moins important comme Gastone Crepaldi à Milan et dans le nord de l'italie sont peu à peu remplacés par de véritables sociétés d'importation comme celles que possèdent Fiat à travers le monde. Sans doute tout cela manque-t-il un peu de poésie. Mais restent des voitures splendides et performantes aussi bien sur route que sur circuit. Des voitures de Grand Tourisme. Un type d'automobile auquel Ferrari a donné un nouvelle vie.

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