Eklablog Tous les blogs Top blogs Automobiles & Véhicules
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

La passion d'un Tiffo du 59 !!!

Publicité

Les années de guerre

Le temps perdu

Enzo Ferrari vient à peine de quitter la direction des courses d'Alfa Romeo et il a tout juste le temps d'engager l'Avio 815 dans les Mille Miglia que l'Italie entre en guerre. En 1943-1944, Ferrari transfère l'usine à Maranello et fabrique des rectifieuses.

On est en 1940. Enzo Ferrari a quitté l'écurie de course Alfa Romeo depuis un an. À Modène, il fonde l'Auto Avio Cos­truzioni et fabrique des moteurs à quatre cylindres en ligne destinés aux avions-école de la Régie Aéronautique et des petites pièces automobiles. Officiellement, Ferrari ne peut pas produire de voitures de course en raison de l'accord si­gné avec Alfa Romeo et de la situation politique de l'Italie qui entre en guerre en juin 1940. Pour Enzo Ferrari, ces an­nées noires seront du "temps perdu".
Mais avant l'entrée en guerre de son pays, il dispute encore deux compétitions, le Grand Prix de Tripoli et les Mille Miglia. Enzo, qui sait affronter toutes les difficultés, parvient à fabri­quer en un temps record deux petites spider qui lui sont com­mandées par le fils d'Antonio Ascari, Alberto, et par le mar­quis Lotario Rangoni. C'est l'occasion pour lui de démontrer qu'il est capable de produire une voiture de compétition sans le concours d'Alfa Romeo dont la technologie lui semble désormais discutable. Ne pouvant lui donner son propre nom, il baptise la voiture Auto Avio 815 : huit pour le nombre de cylindres, quinze pour la cylindrée qui est de 1500 cm3. La mécanique de la voiture utilise des pièces empruntées à Fiat. La carrosserie du Milanais Touring est composée de panneaux en alliage d'aluminium et de manganèse. La 815 ne pèse que 535 kg, dont à peine 54 pour la carrosserie. Elle est le fruit du travail d'Al­berto Massimino - qui a collaboré avec Gioachino Colombo à la réalisation du moteur huit cylindres 1500 de l'Alfa Ro­meo 158 - et du technicien Vittorio Bellentani.
Parallèlement, l'Histoire a déjà décidé qui sont les ennemis et les alliés. En 1939, la signature du Pacte d'Acier place les Ita­liens aux côtés des Allemands. Mais aux Mille Miglia de 1940, les Allemands sont des adversaires à vaincre à tout prix. Les deux 815, respectivement pilotées par Alberto As­cari-Giovanni Minozzi et Lotario Rangoni Machiavelli, ne fi­nissent pas la course. La victoire revient aux Allemands, mais Ferrari a montré à tous qu'il est capable de fabriquer une voiture de course compétitive en ne comptant que sur lui­même et sur des hommes qu'il parvient fort habilement à in­téresser à ses projets. Malheureusement, la guerre inter­rompt toute activité liée aux courses automobiles.
En 1943, la décision est prise de transférer l'usine à Maranello en vertu de la loi imposant la décentralisation industrielle. Le choix de cette localité, située à 15 km de Modène, n'est pas un hasard : Ferrari y possède quelques terrains. Le transfert est achevé au printemps 1944. Entre-temps, les Alliés ont débar­qué en Sicile en juin 1943; le régime fasciste est tombé et le gouvernement Badoglio a demandé l'armistice, signé le 3 sep­tembre et rendu public le 8. Maranello se situe dans la partie du pays occupée par les Allemands. La Résistance commence à s'organiser contre les occupants et leurs alliés, les fascistes de la république de Salà (ville lombarde où Mussolini fonda la République sociale italienne, en 1943). Au cours de cette période troublée, Ferrari se trouve pris entre les Allemands et les partisans. On raconte qu'il faillit être fusillé mais fut sauvé par plusieurs de ses ouvriers engagés dans la Résistance... Une centaine d'employés travaillent à Maranello; ils seront bientôt 150. La production de l'usine prend un nouveau tournant, bien différent des moteurs pour avions- école. El rico Nardi, dont le nom est lié aux beaux volants des voitures de sport et qui fut l'essayeur de la 815, lui présente un marchand de machines-outils de Turin, Corrado Gatti. Celui­-ci lui propose de fabriquer des rectifieuses oléodynamiques. Le brevet est allemand. Ferrari demande la licence de fabrication; on la lui refuse. Une fois encore, Ferrari déjoue les obstacles; les lois de l'époque lui permettent, en effet, de reproduire l'outillage étranger. Cependant, à la suite d'une inspection allemande en 1944, toute la production sera saisie. Ferrari continue de songer à d'autres machines: les automobiles... L'usine subit deux bombardements en 1944 mais est vite remise en état. Ferrari va de l'avant et, à la fin de la guerre, il reprend ses projets là où il avait dû les interrompre. Le premier est de taille : un moteur à douze cylindres...

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article