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La passion d'un Tiffo du 59 !!!

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Naissance d'un constructeur

Sa première voiture

Le 12 mars 1947, la première voiture aux armes du Commendatore, la 125 S, est prête. Le premier tour de clé a été donné par Enzo Ferrari lui-même.

Les années de l'après-guerre sont celles de la reconstruction. Pour Enzo Ferrari, c'est l'époque de la reprise en main des vieux projets abandonnés en 1940. Son rêve est de fabriquer un moteur à 12 cylindres, inspiré des deux exemplaires créés avant guerre. Le premier 12 cylindres dont Ferrari se sou­vienne est celui d'une Packard. Le second est celui mis au point par Wifredo Ricart, chez Alfa Romeo. Mais Enzo Ferrari n'a pas l'intention de copier le technicien espagnol : pour lui, seule la compétition automobile est importante et il est convaincu qu'un moteur capable, à cylindrée égale, de déve­lopper une puissance supérieure sera à la base d'une compé­titivité sans faille.
Enzo Ferrari a rappelé, dans ses mémoires, que les 12 cylindres Alfa Romeo ne s'étaient jamais aventurés en piste. Le Com­mendatore n'a jamais eu le pardon facile et ses divergences de vues avec Ricart sont restées longtemps présentes dans son es­prit. En 1945, il engage Gioachino Colombo, récemment sus­pendu par Alfa Romeo pour des raisons politiques. C'est lui qui va dessiner le nouveau moteur à 12 cylindres, dont la réalisa­tion sera toutefois assurée par un autre "transfuge" d'Alfa Ro­meo, Giuseppe Busso, engagé par Colombo à la fin de 1945, alors que lui-même est rappelé par Alfa Romeo. Entre Co­lombo et Ferrari, c'est une vieille histoire d'amitié et d'estime réciproques : dès 1937, le Commendatore engagea l'ingénieur, alors qu'il dirigeait lui-même la Scuderia Ferrari de Modène, département Course des usines milanaises. Ainsi, si Ferrari n'avait pas le pardon facile, il était cependant capable de se souvenir des hommes de valeur et de les associer à ses projets les plus prestigieux, quelques années plus tard.
Le 12 mars 1947, la première voiture portant le nom d'Enzo Ferrari, constructeur, est achevée. La 125 S est dotée du mo­teur 12 cylindres en V à 60°, d'une cylindrée de 1,5 l et d'une puissance de 100 chevaux à 7000 tours par minute. Le pre­mier tour de clé a été donné par Enzo Ferrari lui-même. Le 11
mai de la même année, deux 125 S sont prêtes à s'élancer sur le circuit de Piacenza, avec, au volant, Franco Cortese et Nino Farina. Mais seul Cortese participera à la course, Farina ayant eu un accident lors des essais. Maître de la course du 20e au 27e tour, Cortese doit abandonner à trois tours de la fin, en raison d'un problème à la pompe d'alimentation. Mais la vic­toire ne tarde pas: le 25 mai 1947, Cortese remporte le circuit de Caracalla, à Rome, et les journaux rendent immédiate­ment hommage à la première voiture de ce nouveau constructeur italien. Mais, pour Ferrari, la plus belle des vic­toires sera celle remportée le 12 octobre 1947, à l'occasion du deuxième Grand Prix de Turin. Raymond Sommer, pilote français, remporte cette course au volant d'une 125 portée à 2 l. À Turin, Ferrari peut enfin oublier l'affront subi en 1918, lorsque les usines Fiat l'avaient déclaré «incompétent» en mécanique ! Cette victoire, obtenue dans la capitale piémon­taise, fief des usines les plus célèbres d'Italie, le conforte dans sa féroce volonté de gagner.
1948 est également une année heureuse : vingt-huit courses disputées, dix victoires, onze deuxièmes places, six troisièmes. À l'occasion des Mille Miglia, remportées par le tandem Biondetti-­Navone, Ferrari a fait appel à Tazio Nuvolari : il estime à leur juste valeur les grandes qualités sportives du pilote mais est également sensible à la détresse humaine du coureur de Man­toue, qui a perdu deux enfants. À cette époque, le Commenda­tore a déjà conscience que la maladie va bientôt emporter son fils bien-aimé, Dino. Nuvolari ne termine pas la course, mais s'il y était parvenu, le résultat aurait conforté davantage Ferrari dans le sentiment que le moteur est l'élément essentiel pour ga­gner une course automobile, le reste n'étant qu'accessoire. Ce sentiment animera d'ailleurs Ferrari pendant de longues années. Lors de cette course, Nuvolari a "massacré" la voiture, abandonnant en piste jusqu'au capot... Cette même année, la 125 S subira une série de transformations, qui permettront d'élaborer la première monoplace Ferrari de Formule 1, inau­gurée à l'occasion du Grand Prix de Monza (course qui se ter­minera toutefois, pour l'écurie, par l'abandon des deux voi­tures engagées). L'année 1949 se conclut par quarante-neuf courses, trente victoires, dix-huit deuxièmes places et douze troisièmes. Ferrari aime tout particulièrement les 24 Heures du Mans. Cette course d'endurance lui permet d"'éprouver" la résistance de ses voitures dans le temps, en plus de leur vitesse. À cette époque, le Commendatore réfléchit déjà à la com­ercialisation, après modifications, des voitures qu'il fabrique pour la compétition. La clientèle sera, bien sûr, fortunée; no­tons qu'à cette époque les pilotes achetaient les voitures avec lesquelles ils couraient. Parmi les premiers clients de Ferrari, on trouve ainsi les frères Besana, Bruno Sterzi, Nando Ri­ghetti, Clemente Biondetti et Igor Troubetzkoï. Ferrari ra­conte, dans ses mémoires, que son premier client fut le Mila­nais Giampiero Bianchetti, qui acheta en 1948 une 166 S. Les années 50 s'ouvrent donc, pour Ferrari, sous le signe de la victoire en F1 et de la réussite commerciale.

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